L’Histoire à la carte

 

Exposer des menus, c’est l’idée originale du Musée des Arts décoratifs et du Design, avec son exposition « L’Histoire se met à table ». Le musée affiche pour l’occasion plus de 180 menus, de la collection du libellocénophile, Jean-Maurice Sacré. Un accessoire des arts de la table, sur le devant de la scène.

« La table est un microcosme de la société. Le menu, un reflet des goûts de la personne qui reçoit », c’est ce qu’inspire cette collection à Caroline Fillon, commissaire de l’exposition.

Une collection de 180 pièces, sur les 2500 menus que possède le libellocénophile parisien, Jean-Maurice Sacré. Une compilation qui a débuté il y a 25 ans dans une brocante. Aujourd’hui, elle fait le tour des musées, en passant par le palais de l’Elysée en 2011.

De la réception du roi Georges II, à Kensington Palace, en 1737, au déjeuner offert par François Hollande aux 187 chefs d’Etat réunis pour la COP 21, ce petit document traverse les époques et évolue avec elles.

Des menus historiques

Des menus à la trentaine de mets, aux petits cartons rédigés comme des poèmes, « L’Histoire se met à table » compile des documents tout aussi précieux qu’anecdotiques. Des menus qui deviennent de véritables témoins d’événements historiques.

Les Kennedy à la table de l’Elysée

Le 31 mai 1961, tous les regards sont rivés sur le président des Etats-Unis, John Kennedy, et sa femme, Jackie Kennedy. Le couple présidentiel le plus médiatique du moment est en visite officielle, pendant trois jours, à Paris. Mais le séjour a lieu en pleine Guerre Froide, dans un contexte diplomatique particulier : le jeune président américain vient d’essuyer un échec cuisant avec le débarquement de la baie des Cochons. Cette visite est l’occasion pour John Kennedy de s’entretenir avec Charles de Gaulle, avant une rencontre cruciale à Vienne avec Nikita Khrouchtchev.

Ces trois jours sont l’occasion de réchauffer les relations entre le président français et son homologue américain. Les ambitions nucléaires de la France ne sont en effet pas du goût de John Kennedy.

Mais ce que retiendra l’Histoire, c’est la présence de la plus française des Américaines de l’époque, Jacqueline Kennedy. La first lady, qui ne cesse des rappeler ses origines françaises, vole la vedette à son époux : « Je suis l’homme qui accompagne Jacqueline Kennedy à Paris, et j’en suis ravi. » déclare-t-il aux journalistes.

Une visite qui s’accompagne naturellement d’un dîner officiel. 200 personnes sont invités au palais de l’Elysée, pour un repas d’une heure et demie, autour du couple américain.